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«Travailler dur, c’est la clé du succès.»

 

Jürg Fausch
Professeur d’économie financière à l’Institut für Finanzdienstleistungen Zug (IFZ)

Jürg Fausch est économiste et, depuis septembre 2017, il enseigne l’économie financière à l’Institut für Finanzdienstleistungen Zug (IFZ), qui fait partie de l’Université de Lucerne. A ce titre, il est notamment coauteur et chef de projet de l’étude IFZ/AMP Asset Management, publiée chaque année en partenariat avec l’Asset Management Platform Switzerland. A l’issue de ses études à la Stockholm School of Economics et à l’Université de Stockholm, il a obtenu en 2017 un doctorat en économie centré sur la macroéconomie. Les domaines de recherche privilégiés de Jürg Fausch sont la macroéconomie quantitative ainsi que la recherche empirique sur les marchés financiers. Ses travaux ont été publiés dans le Journal of Macroeconomics et dans la revue académique Economics Letters. Il a participé à la création du premier fonds de microfinance au Liechtenstein, de sorte qu'il dispose d’une expérience pratique en matière d’Asset Management.

 

Jürg Fausch, quelle est la meilleure décision que vous ayez prise dans votre carrière professionnelle?

A ce jour, il me semble que ma meilleure décision a été de partir faire mes études de doctorat à l’étranger – à Stockholm, plus précisément, où j’ai trouvé un environnement international et très productif, bref, des conditions idéales pour me consacrer aux questions économiques d’aujourd’hui. Le programme de doctorat était très stimulant et j’ai beaucoup appris, surtout dans les domaines de la macroéconomie quantitative et de l’économétrie. Ces connaissances me restent très utiles dans mes fonctions actuelles, dans la mesure où elles me permettent de me familiariser rapidement avec des sujets nouveaux et de plus en plus importants pour la recherche empirique sur les marchés financiers, comme par exemple le machine learning. En outre, ce séjour de presque six ans en Suède m’a forcé à sortir de ma zone de confort et à relever le défi de m’intégrer à l’étranger. Au total, c’est une expérience très positive sur le plan professionnel comme sur le plan personnel, dont je garde un excellent souvenir.

Quel est votre moteur?

J’ai une grande soif d’apprendre et j’ai la chance de pouvoir l’étancher, tant dans le cadre de mes travaux de recherche qu’en participant à des projets concrets passionnants. Dans la recherche académique en particulier, il faut savoir faire preuve d’une grande ténacité – de l’idée de recherche au projet, puis à la publication dans une revue spécialisée, il s’écoule pas mal de temps! Je crois que cette ténacité, alliée à la volonté de relever des défis sans me laisser décourager par les difficultés, est un moteur important pour mener à bien mes travaux.

Sur quelles valeurs reposent vos actes au quotidien, vos décisions, vos projets?

Le premier principe qui me guide est de témoigner à chacun le respect qui lui est dû et d’être aussi ouvert que possible envers les personnes que je rencontre. Je garde aussi présente à l’esprit, depuis que je suis tout jeune, la maxime «no pain, no gain». Je suis convaincu que travailler dur, c’est la clé du succès.

Quels sont vos objectifs professionnels?

En tant qu’économiste, je suis encore en début de carrière et un de mes objectifs est sans aucun doute d’être un spécialiste reconnu dans mon domaine. Cette reconnaissance passe par la publication d’articles de recherche dans des revues académiques, mais aussi par la réflexion sur les questions d’économie politique qui concernent la société toute entière.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus – et le moins – dans votre travail?

Le temps dont je dispose pour réfléchir, pour apprendre et pour continuer d’avancer dans mon domaine est un privilège que j’apprécie à sa juste valeur. En tant que professeur, je suis toujours très heureux de voir à quel point les jeunes évoluent au cours de leurs études dans notre université – et je me dis que j’y suis pour quelque chose. En tant que chercheur, mener un projet à terme apporte une immense satisfaction. Dans le cadre des projets de conseil, lorsque le mandant est content et que les objectifs ont été atteints, je suis ravi. En revanche, j’aime nettement moins les tâches administratives de routine, qui hélas se multiplient y compris à l’université. Mais tant que je peux me consacrer à des questions économiques passionnantes et importantes tout en communiquant mon enthousiasme pour l’économie financière à mes étudiantes et mes étudiants, tout va bien!

Selon vous, quelles sont les questions dont les responsables politiques et les autorités devraient s’emparer sans tarder?

Comme je suis encore relativement jeune, le changement climatique et la prévoyance vieillesse sont deux questions qui m’interpellent vraiment – il faudra les résoudre de manière viable et durable. Je trouve aussi que la Suisse a un certain retard à rattraper en ce qui concerne la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale. Dans ce domaine, il faudrait peut-être s’inspirer davantage du modèle scandinave. Par exemple, dans les universités suisses, plus d’un étudiant sur deux est aujourd’hui... une étudiante! En termes de politique économique, il serait souhaitable que ces femmes compétentes ne soient pas obligées de renoncer à toute activité professionnelle pour des raisons familiales et que ce capital humain puisse de plus en plus rester sur le marché du travail.

Pendant vos loisirs, qu’est-ce qui est pour vous un facteur d'équilibre?

Ma famille et mes amis jouent un rôle important. Les activités que nous faisons ensemble le week-end me permettent de bien déconnecter par rapport à mon univers professionnel. Je suis aussi très attiré par la nature et la montagne – le ski en hiver, la randonnée au printemps et en automne, c’est important pour mon équilibre. Sans oublier les voyages avec mon épouse, à la découverte de nouveaux pays et de nouvelles cultures! Tout au long de l’année, j’essaie de faire du sport au moins trois fois par semaine, car il n’y a pas mieux pour décompresser et pour me détendre. Et bien sûr il faut que je mentionne notre chien, qui m’accueille avec enthousiasme quand je rentre à la maison – une balade avec lui, et la soirée commence!

De quoi êtes-vous reconnaissant?

Ce dont je suis le plus reconnaissant, c’est que ma famille et moi-même soyons en bonne santé. Mais je suis aussi très reconnaissant d’avoir grandi dans un environnement qui m’a permis d’atteindre mes objectifs et de réaliser mes rêves. Le soutien de ma famille et de ma femme me sont très précieux et me donnent beaucoup de force.

Quel livre lisez-vous actuellement?

Je suis en train de lire «The Rules of Contagion: Why Things Spread – and Why They Stop», d’Adam Kucharski. Cet ouvrage explique de manière intuitive et claire comment les approches mathématiques peuvent nous aider à mieux comprendre les effets de contagion. Il traite non seulement des pandémies, comme en ce moment la pandémie de COVID-19, mais aussi et plus généralement des contagions sous toutes leurs formes, comme par exemple la diffusion de fausses informations sur Internet ou la genèse des crises financières. C’est vraiment un livre passionnant, qu’il est difficile de lâcher une fois qu’on l’a commencé!

Que faites-vous pendant un voyage en train?

J’en profite volontiers pour lire – le plus souvent, des publications scientifiques récentes. J’aime aussi bien regarder un bon film ou une série sur Netflix. Et parfois, lorsque je me déplace en Suisse, je me contente d’écouter de la musique en regardant défiler les magnifiques paysages...

Quel est votre plat ou votre menu préféré?

J’aime beaucoup la cuisine méditerranéenne et je n’hésite pas à me mettre aux fourneaux! Avec mon épouse, nous testons d’ailleurs régulièrement de nouvelles recettes. Mais quand vient l’hiver, quoi de meilleur qu’une bonne fondue?!

Si vous aviez le choix, dans quel pays aimeriez-vous vivre et pourquoi?

Je suis très heureux d’avoir grandi en Suisse et c’est à mes yeux un immense privilège de vivre ici. Si je devais choisir un autre pays, j’opterais pour la Suède. Pendant que je préparais mon doctorat, j’ai découvert la capitale, Stockholm, et j’y reste très attaché. C’est une ville incroyablement belle en été, avec beaucoup d’espaces naturels, une histoire riche et tous les attraits culturels d’une métropole. Stockholm s’étend sur quatorze îles de la mer Baltique et compte plus d’une cinquantaine de ponts, ce qui fait d’elle la «Venise nordique». L’hiver évidemment, la nuit tombe très tôt, mais il suffit de s’y habituer...

 

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