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«Ce qui me plaît dans la gestion des données, c’est d’être en contact à la fois avec la technologie et avec les acteurs les plus divers du marché.»

 

Erika Kessler
Swiss Fund Data SA

Après avoir travaillé au sein de SIX Group pour le projet TIF «Transparence sur le marché des fonds», Erika Kessler dirige la société Swiss Fund Data SA, à Zurich, depuis 2011. Elle dispose de plus de vingt ans d’expérience dans le domaine des fonds. Swiss Fund Data SA est une coentreprise à but non lucratif du secteur suisse des fonds de placement, qui a constitué une vaste banque de données et propose de multiples prestations. En particulier, les investisseurs peuvent accéder gratuitement à des données, des communiqués et toutes sortes de documents sur les fonds de placement, ce qui contribue à la transparence du marché.

 

Erika Kessler, quelle est la meilleure décision que vous ayez prise dans votre carrière professionnelle?

Celle de rester fidèle à mon produit et aux trois entreprises qui m’ont employée. Pendant vingt ans, je me suis toujours engagée pour le même produit, de sorte que je n’ai pas cessé d’approfondir mes compétences. Du helpdesk à la direction, je suis passée par toutes les fonctions. Imaginons qu’au cours de ces deux décennies, j’aie cédé à ces impulsions que l’on peut avoir parfois, en mode «et s’il était temps d’aller voir ailleurs»: jamais je n’aurais participé avec une telle intensité au développement de Swiss Fund Data et de notre produit. Cet engagement de longue durée m’a aussi permis d’avoir des collègues de longue durée et de nouer des relations de travail amicales qui me correspondent parfaitement.

Vous est-il arrivé de regretter une décision que vous aviez prise dans le cadre professionnel?

Il est rare que je regrette quoi que ce soit, car je prends toujours mes décisions après en avoir examiné toutes les conséquences possibles et je suis quelqu’un qui va de l’avant. Un regret quand même, peut-être: celui de n’avoir jamais travaillé à l’étranger – si c’était à refaire, j’intègrerais l’expatriation dans mon parcours. Alors aujourd’hui, pour compenser, je voyage beaucoup tout autour de la planète!

Si je vous demande de citer un personnage qui a «réussi», à qui pensez-vous?

Au risque de répondre par un cliché: à Roger Federer. J’ai grandi à Bâle et je me souviens du jeune talent qu’il était à l’époque, capable de balancer sa raquette dans le filet ou, furieux contre lui-même, de la fracasser contre un mur ou sur les courts du TC Old Boys. Il avait une énergie énorme, mais quasiment incontrôlable, qui ne lui permettait pas de gagner. Et puis, grâce à un coach mental qui a travaillé avec lui, il a réussi à canaliser cette énergie et à la mettre complètement au service de son tennis – sa carrière était lancée. On connaît la suite. Aujourd’hui encore, outre ses extraordinaires performances sportives, j’admire son plaisir de jouer, qu’il a su garder intact, mais aussi sa générosité, son sens de la famille et de l’amitié. Pour moi, Roger est vraiment un modèle.

Sur quelles valeurs reposent vos actes au quotidien, vos décisions, vos projets?

Le respect, l’empathie, l’honnêteté, l’authenticité sont des valeurs qui comptent plus que tout pour moi, dans ma vie privée comme professionnelle. J’aime les gens et j’essaye de traiter tout le monde comme j’aimerais être traitée. C’est le ton qui fait la musique. Même dans les situations conflictuelles, on peut faire preuve de respect et d’honnêteté. Par ailleurs, le «nous» est plus important pour moi que le «je». Un monde du chacun pour soi, ce serait vraiment triste – ensemble on est plus fort, plus créatif et plus heureux!

Quelle question poseriez-vous à Warren Buffet si vous dîniez avec lui?

Quelles questions au pluriel, vous voulez dire! J’en poserais tellement que Warren Buffet n’aurait pas le temps de placer un mot! Par exemple, qu’est-ce qui vous a poussé à devenir investisseur? Comment votre manière d’investir a-t-elle évolué, ou changé, au fil des années? Avez-vous traversé des périodes de doute sur votre stratégie, de démotivation, où vous avez envisagé d’autres activités? Et bien sûr, je serais très curieuse d’en savoir un peu plus sur la personne qu’est Warren Buffet...

Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans votre vie?

Dans ma vie privée, pratiquement aucun – je ne suis ni sur Facebook, ni sur Instagram, ni sur Twitter. Je n’éprouve pas le besoin de faire savoir en permanence où je suis et ce que je fais, je préfère savourer le moment pleinement et le raconter ensuite de vive voix. La seule plateforme que j’utilise, c’est LinkedIn, pour entretenir mon réseau. Professionnellement, nous avons la chance d’avoir un site Internet très actif, www.swissfunddata.ch, que nous accompagnons au besoin par des activités sur les réseaux sociaux.

Pendant vos loisirs, qu’est-ce qui est pour vous un facteur d’équilibre?

Je ne suis pas le genre de personne qui a un loisir favori et qui y consacre tout son temps. Il y a énormément de choses que j’apprécie: faire du ski, de la randonnée et du jogging, partir en balade en oldtimer, voyager, aller au cinéma, boire tranquillement un verre à la maison avec des amis, passer du temps en famille et mitonner de bons petits plats...

Quelles sont vos destinations de voyage préférées?

En Suisse, j’adore la Haute-Engadine – la montagne, c’est mon univers, en particulier le domaine skiable de Corviglia. A l’étranger, ce qui me fascine, ce sont les paysages complètement différents de ceux que l’on trouve chez nous. Il y en a deux dont je me souviendrai toujours: le Salar de Uyuni en Bolivie, le plus grand lac salé au monde, et le Sossusvlei en Namibie, un vaste espace aride entouré d’immenses dunes de sable rouge. Ces deux endroits ont quelque chose d’irréel, de magique, dont la beauté m’a profondément marquée.

De quoi êtes-vous reconnaissante?

Je suis reconnaissante de beaucoup de choses! Par exemple, d’être née en Suisse et de pouvoir y mener une vie si privilégiée. D’avoir toujours été soutenue par mes parents, qui m’ont laissée choisir ma voie. D’avoir les moyens de faire des voyages magnifiques. D’avoir un mari, une famille, des amis et des collègues formidables. Et – plus que jamais en ce moment – d’être en bonne santé. C’est ce que je souhaite à tout le monde: stay safe and healthy!

Quel est votre plat ou votre menu préféré?

Globalement, j’ai bon appétit et j’aime à peu près tout, de la simple salade de cervelas au dîner gastronomique à douze plats. Mais ce que je préfère, c’est la cuisine piémontaise. Chaque année, nous passons l’un ou l’autre week-end prolongé à nous régaler dans le Piémont et même à la maison, il nous arrive de manger un carpaccio de bœuf Fassone aux truffes suivi du fameux «tajarin al ragu», le tout accompagné d’un petit coup de Barbera ou de Barolo. J’aime cette cuisine pour sa simplicité et pour la qualité exceptionnelle des ingrédients.

Jouez-vous d’un instrument de musique ou faites-vous partie d’un groupe?

Quand j’étais jeune... A l’époque, je tenais le clavier dans un groupe. Mais ensuite, ce groupe s’est séparé, chacun a suivi son chemin, je n’ai pas cherché à jouer avec d’autres musiciens. Et aujourd’hui, je me contente d’écouter de la musique!

Qu’avez-vous en fond d’écran sur votre téléphone mobile?

Mon mari vêtu d’une vieille combinaison de mécano! Nous sommes des passionnés de voitures anciennes, nous en avons une. II y a deux ans, nous avons participé au Goodwood Revival, au sud de Londres, sans doute la plus importante et la plus célèbre course de voitures anciennes. Tout le monde vient en tenue d’époque – donc mon mari avait mis cette combinaison, moi une robe à jupons, et nous nous sommes vraiment bien amusés. Cette photo date de là!

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